La communication

« Si tu pouvais les voir tels qu’ils sont réellement,

tu serais stupéfait.

Tu ne verrais pas de petits enfants,

mais des nuages de lumière danser,

de l’énergie en mouvement,

nageant dans un océan d’amour ».

Extrait de « 25. Nuages de lumière »,
« Tao Te King des parents », de William Martin d’après Lao-Tseu

 

La communication est la nourriture de la relation, c’est « ce qu’on met dedans », ce qu’on met en « commun ». Comment je nourris cette relation? Est-ce que j’y mets du bon? du moins bon? Je peux la nettoyer aussi si besoin.

La communication est en très grande majorité non verbale. Elle passe, avant tout, par nos gestes, notre attitude, notre regard, notre « langage corporel ». Et elle est aussi verbale, avec les mots que nous employons comme vecteurs. Les mots, mais aussi le ton sur lequel on les dit, qui traduit notre état intérieur (plus ou moins conscient), notre état émotionnel notamment.

Pour moi, il s’agit comme d’un continuum : nous émettons un message à partir de notre intention, et de l’état dans lequel nous nous trouvons. Nous mettons des mots en circulation dans la relation, des mots que l’autre reçoit (ou pas) et auquel il donne un sens.

Savoir faire le point sur notre état, notre intention, est donc essentiel pour transmettre un message en conscience. Pour communiquer en conscience, en sachant ce qu’on veut dire, en étant attentif à ce qu’on dit et à comment cela est reçu. Ce va-et-vient qui constitue un dialogue (verbal ou non), une communication. Avant de mettre en commun, je me demande ce que je veux envoyer, et dans quelle intention.

Dans les ateliers que je propose, il s’agit d’acquérir des outils, des « habiletés », ou compétences, pour communiquer avec des mots de façon relationnelle, c’est-à-dire en prenant soin de la relation, en l’occurrence de la relation parent-enfant. Concrètement, on apprend à dire ce qu’on a à dire de façon respectueuse de la relation et de la personne en face, en l’occurrence un enfant. Il s’agit aussi d’apprendre à écouter, pour pouvoir entendre, ce que l’autre a à dire, ou ce que l’autre ressent (même s’il ne le dit pas avec des mots).

What??

Les gens croient parfois (je l’ai lu et entendu plusieurs fois) que quand on apprend ce type d’outil de communication, ça implique, par exemple, de ne plus jamais se mettre en colère (en tant que parent) ni ne plus jamais élever la voix. Comme vivre dans une « bulle de positivité et de douceur sucrée perpétuelle » (bon là j’extrapole un peu mais c’est l’idée 🙂 ) Ce n’est pas du tout ça. En tout cas dans les ateliers que j’anime. Il ne s’agit pas de « ne plus jamais se mettre en colère », mais d’apprendre à exprimer sa colère sans abîmer la relation, ni attaquer la personnalité de l’enfant à qui on s’adresse. Il s’agit d’apprendre à s’exprimer de façon RELATIONNELLE, c’est-à-dire exprimer son ressenti (ou ses attentes, ou sa demande, ou etc.), dans ce cas la colère, sans agresser/attaquer/dominer/culpabiliser/etc. l’autre. Il ne s’agit donc pas d’afficher un grand sourire quand votre fils de 10 ans vient de renverser votre vase préféré, mais de savoir:

  1. accueillir votre propre émotion
  2. exprimer votre ressenti (on peut imaginer dans ce cas colère et tristesse, au moins)
  3. exprimer votre attente ou demande
  4. accueillir l’émotion de l’autre (on pourrait imaginer dans ce cas de la honte ou de la peur)

Les ateliers du cycle « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent » ont, chacun, un thème particulier, et le premier porte sur l’écoute, qui est la base de tous les autres, voire la base de toute relation, à soi, ou aux autres. Les suivants sont : la coopération (faire ensemble), l’autonomie, remplacer la punition (responsabilité), renforcer l’estime de soi (sentiment indispensable à la construction de soi), sortir des rôles et étiquettes attribués aux enfants (liberté d’être).

Il y a donc dans cette approche, comme dans les autres que j’utilise en complément (méthode ESPERE en particulier) l’idée sous-jacente d’une relation parent-enfant basée sur l’écoute et le respect de chacun, plutôt que sur la domination de l’un sur l’autre. Une relation où l’autorité et la responsabilité sont présentes, au service de la liberté et l’authenticité de chacun. C’est-à-dire où chacun peut être soi-même, et où le type de relation permet cette liberté, cet accueil, des sentiments et émotions de l’enfant comme de celles de l’adulte.

C’est par l’exemple que les enfants apprennent et se construisent. Notre façon de parler, de leur parler, notre façon d’exprimer nos émotions, de réagir en cas de conflit, de tension (avec eux ou avec toute autre personne) sont des exemples et des modèles pour eux. Prendre un temps pour se demander : comment je communique? comment je parle? comment je règle des conflits ou des tensions? qu’est-ce que je fais avec mes émotions? Prendre un temps pour intégrer des outils de communication relationnels et respectueux, un temps de recul, de réflexion, d’appropriation de sa propre communication, est utile, précieux.

Est-ce vraiment comme ça que j’ai envie de parler à mes enfants? Aux enfants? Quelle est ma relation à eux? Qu’est-ce que j’ai envie de mettre dans cette relation? Les ateliers sont souvent l’occasion de se poser ces questions, et de trouver ses propres réponses, que l’on a envie de partager ou pas, avec le groupe.

La façon dont on communique est souvent un héritage qu’on questionne peu, parce qu’on n’en a pas l’occasion, parce que « ce n’est pas un sujet », parce qu’à l’école par exemple (en tout cas quand j’y étais) ce n’était pas un sujet. Dommage.

Si j’ai mis cet extrait en introduction de cet article, c’est parce que c’est ce que je vois quand je regarde ma fille. C’est ce que j’ai vu un jour et qui m’anime pour proposer des ateliers, entre autres. Cette lumière que je vois, en perpétuel mouvement, cette lumière qui bouge et danse librement, ne s’éteint jamais. Comment faire, moi, en tant que maman, pour la préserver, pour lui permettre, le plus possible de briller? Plus précisément, de la laisser briller. Accompagner ma fille, cette lumière qu’elle est, en la respectant le plus possible, en faisant des choix qui peuvent préserver cette danse, cette joie, avec laquelle elle est, elle va, dans le monde. Et le monde commence à la maison.

La communication relationnelle est l’un de ces choix. Car c’est un mode de communication qui respecte chaque être dans son ressenti, qui enseigne l’accueil, la responsabilité, l’écoute authentique, et grâce à laquelle le rôle de parent est, selon moi, facilité (pas facile, hein, facilité). C’est aussi un état d’esprit, un positionnement, un entraînement. Un processus qui s’enclenche et ne reviendra pas en arrière, parce que la qualité de relation qu’il permet est une motivation continue.

Venez, apprenez, échangez 🙂 Venez avec votre histoire, vos situations difficiles, vos interrogations, vos convictions, vos doutes, votre façon de faire. La seule chose nécessaire pour s’inscrire est la motivation et l’ouverture d’esprit. Les ateliers sont un lieu d’échanges, d’écoute, où chacun arrive avec sa propre expérience et repart avec ses apprentissages.

Chaque animateur/animatrice des ateliers Faber et Mazlish transmet à sa façon un contenu commun avec un matériel commun. En lisant cela, vous avez une idée plus précise de ce qui m’anime, moi. L’écoute a une place centrale dans ma façon de faire, c’est pourquoi je propose toujours de petits groupes, pour permettre cette qualité de présence et d’échanges.

A bientôt

Claire-Emmanuelle

Pour aller plus loin:
les ateliers : présentation, inscription
> prochain cycle à nantes : mars 2019 / A DISTANCE : inscription toute l’année
page facebook : COMMUNIQUER AVEC LES ENFANTS : autrement, oui, mais comment?
ted talk de sophie rahbi : la bienveillance, un enjeu pour nos sociétés
mon blog « claire m etre maman »

 

Photos on Unsplash, de haut en bas de l'article, par:
Ben White , Mi Pham, Simon Rae, Alex Harvey, Danielle Mc Innes, Fausto Garcia,
Maura Silva, James Wheeler et Karl Fredrickson

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